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Annie Simard s'offre un nouveau départ 0

Par Jean-Luc Doumont

Catherine Côté, responsable de la Semaine québécoise en formation des adultes et Annie Simard, résidente d Hébertville. (Photo: Jean-Luc Doumont)

Jean-Luc Doumont

Catherine Côté, responsable de la Semaine québécoise en formation des adultes et Annie Simard, résidente d Hébertville. (Photo: Jean-Luc Doumont)

Annie Simard, 37 ans et six enfants, a décidée de reprendre le chemin des études pour avoir son DEC en éducation spécialisé. Un diplôme qu'elle décrochera en mai prochain.

Le parcours d'Annie Simard est signe de détermination. Cette résidente d'Hébertville s'est offert un nouveau départ dans la vie. Avec six enfants à la maison, cette jeune mère de famille hyperactive a pris le taureau par les cornes et mis une croix sur sa vie à la maison pour retourner aux études.

« J'ai été propriétaire d'une ferme familiale. Nous avons fait faillite avec le phénomène de la vache folle. Jamais nous n'avons pu prendre le dessus. Je suis restée trois ans à la maison. Ensuite, j'ai travaillé à la Maison Répit-Dépannage d'Alma ».

Son envie de travailler auprès des enfants était plus fort que tout: « Je me devais de sortir de ma grosse routine qui s'était installée. En retournant aux études, je ne voulais pas pénaliser mes enfants. Cela demande une grosse organisation dans la vie. Mon mari travaille 50 heures par semaine ».

Ce nouveau départ est réellement, selon les dires d'Annie Simard, un retour à la vie.

« Être à la maison, ce n'est pas valorisé dans notre société. Reprendre des études, cela m'apporte un épanouissement personnel et c'est aussi un horaire très strict pour combiner le tout ».

Persévérance

C'est un couple d'amis qui l'a encouragé à suivre des cours. Sa sœur, qui elle aussi est mère de famille de quatre enfants, a vu son mari retourner aux études.

« C'est une entraide entre nous. On s'apporte mutuellement des encouragements, mais aussi, nous parlons de nos objectifs et de persévérer. En mai, je vais finir mon DEC ».

Le père d'Annie Simard, après la perte de la ferme familiale, est retourné aux études, pour obtenir son secondaire 5. Il travaille actuellement chez Rio Tinto Alcan et fait partie des lock-outés.

« Me voir aller à l'école, c'est normal pour les enfants. Ma fille de 16 ans à trois emplois. Je peux vous dire que dans la famille, nous sommes des débrouillards ».

Les autres élèves en éducation spécialisés sont plus jeunes qu'Annie Simard: « Je pensais mal m'adapter avec eux, mais nous avons formé une petite famille. Plusieurs me disent que je suis un exemple de persévérance », conclut-elle.

Pour sa part, Catherine Côté, responsable de la Semaine québécoise en formation des adultes, mentionne qu'Annie Simard est impressionnante : « Cela a été un coup de cœur lors de notre tournée. Son dynamisme est contagieux ».